Pour sa seconde édition, le festival du film historique de Rijeka, qui se déroulera du 5 au 9 septembre, propose une riche programmation française. Notons en outre la présence de la réalisatrice francoaméricaine Pola Rapaport qui viendra à la rencontre du public pour présenter son film „Nadia Comăneci, la gymnaste et le dictateur“ (6 septembre à 21h35) et du réalisateur franco-suisse, Michel Rodde, qui présentera quant à lui son dernier documentaire „Kokoschka, oeuvre-vie“ (8 septembre à 20h30).

 

Programme détaillé

 

Mercredi 5 septembre à 18h, grande salle du HKD

Les trois morts de Mussolini

Réalisé par Emmanuelle Nobécourt, 2016, 52′

70 ans après la chute du fascisme italien, le mystère qui entoure les derniers instants de Mussolini ne s’est toujours pas dissipé : qui l’a tué, pourquoi, et dans quelles circonstances ? Rien ne permet d’y répondre avec certitude. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que Benito Mussolini est mort trois fois. Politiquement, il meurt au moment du débarquement allié à l’été 1943. Lorsque son cadavre est lynché par une foule déchaînée, et pendu par les pieds sur la place Loreto à Milan, le 29 avril 1945, il est symboliquement exécuté pour entériner la fin de 23 ans de fascisme. Quant à sa mort physique, de nombreuses zones d’ombre subsistent. Les conditions de son exécution, après sa capture par les partisans sur les rives du lac de Côme, n’ont pas encore délivré tous leurs secrets.

 

Mercredi 5 septembre à 21h30, cinéma Kortil

Zoos humains

Réalisé par Pascal Blanchard et Éric Deroo, 2018, 90′

Entre 1877 et les années 30, en Europe occidentale et particulièrement à Paris, les foules se sont pressées pour voir des hommes et des femmes d’autres continents exhibés dans des expositions et des spectacles ethniques à caractère scientifique, politique et commercial. Alternant images d’archives et entretiens avec des spécialistes, ce documentaire décrit la nature de ces exhibitions racistes, et explique comment celles-ci ont évolué au gré des politiques coloniales. Un joli point de départ pour comprendre la relation à l’Autre, et les prémisses de la construction du racisme, indispensable à l’expansion coloniale.

 

Jeudi 6 septembre à 17h, cinéma Kortil 

La bataille d’Alger, un film dans l’histoire

Réalisé par Malek Bensmaïl; 2018; 120′

Une co-produc­tion inter­na­tio­nale de 120 minutes. Un film qui revient sur le mythique film La Bataille d’Al­ger de Gillo Ponte­corvo. 

Du cœur de la Casbah d’Al­ger à Rome, de Paris aux Etats-Unis, en s’ap­puyant sur de très nombreux témoi­gnages et des archives excep­tion­nelles, le nouveau film de Malek Bens­mail opère, soixante ans plus tard, un retour passion­nant sur un film mythique, qui n’a cessé de s’en­ri­chir avec l’His­toire.

 

Jeudi 6 septembre à 21h35, grande salle du HKD (en présence de la réalisatrice)

Nadia Comăncei, la gymnaste et le dictateur

Réalisé par Pola Rapaport, 2016, 56′

Nadia Comăneci fut la gymnaste la plus adulée de son temps – et probablement la plus célèbre de l’histoire. Près de 40 ans après ses premiers exploits, son nom est entré dans la légende du sport et figure, à côté de ceux de Muhammad Ali, Pelé ou Jesse Owens, au Panthéon des plus grands sportifs du XXe siècle. Plus qu’une athlète, Comăneci est un mythe moderne. 

On se souvient tous de la petite fée roumaine aux rubans rouges : une conquérante dans un corps d’enfant qui obtint pour la première fois dans l’épreuve de gymnastique au Jeux Olympiques de Montréal en 1976, un 10/10 (« Perfect ten »). Ce jour-là, le temps d’un exploit historique, une fillette de quatorze ans au visage d’ange subjugua le monde entier. 

Personne n’a oublié. En un saut, Nadia s’est élevée au rang d’idole universelle. Devenue un modèle pour des millions de jeunes filles, elle a été portée au pinacle de la culture populaire occidentale, dans la plus pure tradition hollywoodienne. Encore aujourd’hui, comme en témoigne la citation placée ci-dessus en exergue et les centaines de milliers de « like » sur son compte facebook, le nom de Comăneci continue de faire rêver. 

 

Jeudi 6 septembre à 22h40, grande salle du HKD 

Che Guevara, naissance d’un mythe

Réalisé par Tancrède Ramonet, 2017, 52′

Tant dans ses caricatures que dans ses hagiographies, le Che fut le principal artisan de sa légende. Dans le cadre de la Révolution cubaine, qui fut la première à être entièrement filmée, Ernesto Guevara a en effet utilisé son image comme une arme politique dans la gigantesque bataille de communication que se sont livrées les grandes puissances pendant la Guerre froide.

Cinquante ans après sa mort, en mêlant témoignages de premier plan, documents inédits et archives méconnues, Che Guevara, Naissance d’un mythe raconte la genèse du mythe du guérillero héroïque et retrace l’histoire d’un homme pris au piège de sa légende.

 

Vendredi 7 septembre à 18h50,  grande salle du HKD 

Le Maestro. A la recherche de la musique des camps

Réalisé par Alexandre Valenti, 2017, 52′

Francesco Lotoro a 49 ans. On le surnomme le Maestro. Pianiste et compositeur hors norme, Francesco vit à Barletta, dans le sud de l’Italie. Épaulé par son épouse et entouré de son “Orchestre de musique concentrationnaire”, il redonne voix aux musiciens oubliés. Pas n’importe lesquels : ceux qui furent déportés, emprisonnés, et qui souvent moururent dans les camps d’internement nazis.

Avec plus de 4000 partitions déjà retrouvées en plus de 20 ans de recherches, il veut faire vivre cette musique écrite là où la création artistique était acte de résistance, là où la mort était la compagne de chaque jour, là où la vie ne tenait qu’à un fil. Une musique écrite clandestinement par des prisonniers de toutes origines, de toutes religions, dans l’une des périodes les plus sombres de l’Histoire entre 1933 et 1945.

En les interprétant aujourd’hui, Francesco Lotoro, le Maestro, veut libérer ces musiques emprisonnées, ainsi que l’âme et l’esprit de tous ceux qui les ont composées. Plongé dans une mission solitaire, à la portée universelle, Francesco Lotoro réveille un pan entier de l’histoire de la musique jusqu’ici passé sous silence.

 

Vendredi 7 septembre à 22h,  grande salle du HKD 

La face cachée de l’art américain

Réalisé par François Lévy Kunety, 2017, 52′

En 1945, l’émergence d’un art moderne américain est soutenu et instrumentalisé par le gouvernement et la CIA.

Symboles d’une Amérique « libre » face aux avancées du communisme en Europe, l’expressionnisme abstrait, puis le pop art ont été utilisés dans une stratégie globale de lutte d’influence, contribuant à faire de New York la nouvelle capitale du monde l’art.

 

Samedi 8 septembre à 18h, grande salle

Les Jeux d’Hitler

Réalisé par Jérôme Prieur, 2017, 87′

En 1936, Berlin était une ville magnifique, cosmopolite, où régnait une douceur de vivre sans égale. Les Allemands brillaient par leur raffinement, les policiers par leur plurilinguisme. Et le maître de ce pays de cocagne, Adolf Hitler, n’était finalement qu’un despote éclairé, pacifique…

Pendant les quinze jours qu’ont duré les Jeux olympiques de Berlin, l’Allemagne nazie a tout fait pour présenter cette image au monde. Elle y est parvenue. CIO, gouvernants, public : tous sont tombés sous le charme maléfique de ces Jeux. Aujourd’hui, le triomphe de l’athlète noir Jesse Owens (quatre médailles d’or) semble consacrer la victoire du sport et de l’idéal olympique. Mais cette belle histoire n’est qu’un arrangement avec la réalité…

Les Jeux de Berlin ne furent qu’un instrument décisif dans la prise de contrôle de la société par le parti national-socialiste, offrant en même temps une vitrine grandiose pour la reconnaissance internationale de l’Allemagne nazie.

 

Samedi 8 septembre à 22h10, grande salle du HKD 

Bobby Kennedy : Le rêve brisé de l’Amérique

Réalisé par Patrick Jeudy, 2017, 58′

Le 6 juin 1968, Robert F. KENNEDY, adversaire résolu de la discrimination raciale, soutenant les habitants des quartiers pauvres et souhaitant des changements sociaux en Amérique, est assassiné. Avec lui, c’est tout un pan du rêve américain qui s’effondre.

Du jour de l’assassinat du Président Kennedy jusqu’à la mort de Bobby Kennedy, son frère, à l’Hôtel Ambassador presque cinq ans plus tard, ce film revient sur le parcours de cet homme d’Etat et sur son combat pour un monde plus juste. Quatre années pendant lesquelles Bobby Kennedy va voler de ses propres ailes en politique, quatre années qui vont laisser une marque indélébile dans la politique américaine, quatre années porteuses d’espoir, mais s’achevant sur une amère désillusion.

A travers des archives uniques, découvrez un nouveau portrait de ce Kennedy que tout le monde appelait « Bobby ».

 

Dimanche 9 septembre à 20h, cinéma Kortil

Magda Goebbels, la première dame du IIIème Reich

Réalisé par Antoine Vitkine, 2017, 52′

Le 1er mai 1945, dans le bunker d’Adolf Hitler enterré sous Berlin, Magda Goebbels empoisonne ses six enfants. Avant de se donner elle-même la mort, elle justifie son geste dans une lettre : « La vie sans Adolf Hitler ne vaut pas d’être vécue ».

Comment Magda Goebbels, jeune femme émancipée, élevée par un beau-père juif, est-elle devenue cette fanatique-là ? Au fil d’une enquête historique mêlant témoignages des proches et interviews de spécialistes, s’appuyant sur des images d’archives, le documentariste Antoine Vitkine nous fait entrer dans l’intimité de celle qui fut la véritable première dame du 3ème Reich.

 

En savoir plus : http://historyfilmfestival.com/